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La tendance collaborative gagne l’univers du design

sharing -thématique maison & objet

À chaque session du salon Maison & Objet son Observatoire rend compte des dernières influences qui marquent l’univers de la consommation. En septembre, par la thématique sharing, il nous éclairait sur les pratiques émergentes de l’économie collaborative. Retour sur le phénomène « co ».

Les conférences et rencontres organisées par le salon, ainsi que leurs célèbres scénographies d’inspiration m’ont confirmé l’ampleur de cette tendance du faire ensemble. Curieuse de cette évolution, j’avais moi-même déjà transformé certains de mes habitudes. Par exemple, l’essentiel de mon alimentation provient désormais d’une Amap (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne),  structure qui engage des agriculteurs locaux et des consommateurs dans une relation réciproque et solidaire, et grâce à qui, je me nourris sainement (et en toute convivialité !) avec un petit budget.

Autres nouveaux comportements que j’observe régulièrement autour de moi : le covoiturage (via Bla Bla Car), la revente d’occasion (Le Bon Coin, Vestiaire collectivePrêt à changer…), la mutalisation d’achats (La Ruche qui dit Oui ou Groupon,…), etc.

Consommer mieux grâce au smart shopping

Lors de sa conférence « La société du « co » : les nouvelles pratiques de partage », Rémy Oudghiri, en charge de la prospective du consommateur chez Ipsos, a  expliqué que le phénomène est assez bien installé pour être visible dans les sondages.    » Le Bon Coin fait partie des 5 sites internet les plus visités par les Français (pas loin derrière Google et Facebook !). » Et ce n’est pas qu’une histoire d’internet :  » 56%  ont vendu un bien à un autre particulier au cours des 12 derniers mois ». Le co-voiturage  entre lui aussi dans nos pratiques courantes :  » Nos sondages montrent que 21% des Français y ont eu recours au cours des 12 derniers mois », précise Rémy Oudghiri.

Idem pour se loger en déplacement : le site Airbnb rencontre un succès florissant, malgré la colère des professionnels de l’hébergement pour qui cet accueil payant entre particuliers représente une concurrence déloyale.

L’époque like le nous

Le domaine professionnel n’est pas reste.  L’Alliance Française des Designers témoignait, lors d’une table-ronde, du fabuleux essor des espaces de co-working et fablabs sur l’ensemble du territoire français. Un fablab, qu’est-ce donc ? C’est un atelier de fabrication ouvert à tous, où, guidé par des professionnels, on peut venir réaliser les objets que l’on a en tête. Chacun peut donc réorienter sa consommation, vers ses vraies envies, et s’extraire du diktat du marketing. L’air de rien, une petite révolution s’annonce !

Quelques exemples.
 
Le Woma, fabrique de quartier

Le Woma, fabrique de quartier

Le Woma est un espace de travail collaboratif situé à Paris près du canal Saint- Martin. Son nom est l’abréviation de « working » et « making ». Sa vocation : « relier l’idée et la matière de manière collaborative ». Présentez-vous avec vos idées, quel que soit leur stade de maturité, et le Woma vous met en lien avec des personnes aux compétences complémentaires qui vous permettront de les concrétiser. Et  bien-sûr vous y trouverez aussi tout l’équipement nécessaire pour fabriquer vos objets sur place.

 

Le bonheur est dans la valeur ajoutée

Julie Jodet, co-fondatrice de la Serre à Toulouse, décrit son action :  » Nous mettons en lien des professionnels complémentaires  autour de projets divers. Par exemple, en initiant des collaborations entre artisans et designers. De ces rencontres naissent des échanges, des expériences, de l’innovation.  »


Echanger pour innover

Le fruit de ces démarches n’est autre que la création de valeur pour les entreprises concernées. Et l’on sait que c’est là que réside la clé du succès actuellement pour les entreprises françaises. L’heure n’est plus au modèle de croissance infini et à la course aux bas prix mais à un positionnement qualitatif. L’évolution nécessaire vers une économie circulaire nous invite à l’innovation, donc à l’échange entre professionnels.

A mon grand plaisir j’ai pu constater que le nombre d’entreprises de fabrication française (véritable) ne cesse d’augmenter. Et je ne parle pas de petits créateurs marginaux mais bien de belles entreprises, acteurs stables d’une économie locale.

Bruno Ré, directeur de la marque d’objets raffinés Vox Populi témoigne :  » Notre entreprise est passée par différentes tailles…  pour finalement trouver celle qui nous convient. Aujourd’hui on a une bonne équipe  et on ne cherche pas à changer de format. Pourquoi grandir à tout prix ? L’activité est rentable et on est heureux comme ça ».

Créations contemporaines pour un savoir-faire ancestral chez Arpin

Chez Arpin, filateur Alpin depuis 1817, même discours :  » Nous produisons avec les machines d’origine dont certaines datent  de 1817 ! Aussi quand un client nous demande de trop grosses quantités nous refusons simplement la commande. L’objectif n’est pas de produire plus mais de vivre de notre artisanat, en préservant un savoir-faire patrimonial et en cultivant un lien social local « . Une des clés de leur succès : un design contemporain et élégant qui met en valeur la qualité de leur produits.

 

Tous ces entrepreneurs audacieux sont les acteurs d’une nouvelle économie, qui se réinvente sur d’autres bases que celles du consumérisme et du capitalisme effréné. Moins formelle, moins cadrée, plus souple, elle laisse toute sa place à l’échange humain. Et si d’entrepreneurs on passait à entrefaiseurs ?

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