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La renaissance du made in France

Salon Made in France

Les entrepreneurs français du textile innovent et redonnent de la valeur à un secteur fortement éprouvé par la crise. Pour en témoigner, une centaine d’acteurs de l’univers prestigieux de la haute façon française se retrouvaient les 9 et 10 avril au salon Made in France à Paris.

Ce salon réunit des professionnels de la fabrication française du vêtement et de l’accessoire. J’en avais parcouru les allées il y a quelques années, alors que je commençais à réorienter mon activité de design et conseil en faveur de la fabrication locale. Touchée par la disparition de certains savoirs-faire traditionnels, j’accompagne désormais les artisans français dans le développement de nouveaux produits. En me basant sur mes connaissances de l’univers de l’enfant, de la décoration et du cadeau, je les amène à ouvrir des portes vers de nouveaux marchés valorisant leurs compétences. Mon goût pour la rencontre de l’artisanat et de l’innovation m’a naturellement menée vers les doigts de fée qui exposaient à ce salon.

Le plaisir fut au rendez-vous dès l’entrée dans le hall : pour sa 11e édition le salon investissait un lieu désormais emblématique de l’univers de la mode : la Carreau du Temple, dans le 3e arrondissement, tout refait de neuf, lumineux et accueillant.

Le régal se poursuivait dans les allées :  la sélection d’exposants avait été ouverte aux Entreprises du patrimoine vivant de l’univers de la mode et  de l’accessoire. Ce label d’état distingue les entreprises françaises au savoir-faire artisanaux et industriels d’excellence.

Mais ces entreprises ont beau faire rêver la planète, leur nombre n’a cessé de décroître ces dernières années. Sous la pression économique, elles ont du modifier leur façon de travailler et s’adapter aux fortes évolutions du marché. Elles expérimentent, se fédèrent, mutualisent certains services, innovent ensemble. Et ça paye. Entre de longues discussions dans les allées et deux tables rondes animées, les professionnels ont largement témoigné de l’intérêt de collaborer.

Salon Made in France

Un des mérites du salon : créer la rencontre entre l’expertise technique et les attentes du marché

L’union fait la force

Premier exemple avec la Société Choletaise de Fabrication, fabricant de tresses et lacets, qui a choisi de fortement moderniser son outil de production et développer ses volumes. L’entreprise se développe, mais la qualité de fabrication des machines modernes ne lui permet pas d’atteindre la finesse de certaines productions anciennes.

Son confrère Tressage Guy Camus, lui, a conservé ses méthodes de fabrication dans leur plus pure authenticité. La limitation en volume qu’impose le matériel de production ancien et lent ne lui permet pas de rester rentable. Les ouvriers partant à la retraite ne sont pas remplacés.

C’est ainsi que la Société Choletaise de Fabrication lui rachète son parc machine afin de proposer une offre économiquement viable et complète, de la production rapide au produit de la plus haute qualité.

D’après Olivier Verriele, directeur de la Société Choletaise de Fabrication, cette heureuse complémentarité est régulièrement pratiquée dans ces métiers porteurs de la richesse manufacturière française.

Valoriser plutôt que sauvegarder

Autre exemple d’innovation par la collaboration : afin de valoriser l’activité du musée atelier la Maison de la tresse et des lacets, Yves Sabourin, commissaire du projet Tresses 13 puis Tresses 14, lance une vaste collaboration entre artistes contemporains et l’atelier de production, remis en activité par Sara Revil. L’investissement de nombreux artistes, de toutes renommées, a suscité l’élaboration de nouveaux lacets, tresses et croquets.

Il aura surtout permis, comme le souligne Gilles Muller, gérant et attaché de presse de l’agence Re-active, de créer de la valeur, et c’est précisément cette valeur qui permettra au rêve du made in France de ne pas devenir un mythe mais bien une réalité.

salon Made in France table-ronde avec Agnès B

C’est à travers un dialogue créatif que fabricants et donneurs d’ordre développent des produits accessibles tout en conservant une qualité de fabrication qui leur est chère.

Achète chinois, achète 4 fois

La formule, lancée au cours d’une des tables rondes, a permis de rappeler avec légèreté l’importance du choix des achats dans l’équilibre économique du secteur. Agnès B (sur la photo) se faisait remercier  pour sa fidélité auprès de fabricants nationaux : attachée à les soutenir, elle leur faire encore fabriquer 40% de ses vêtements. Si seulement l’ensemble des marques moyen et haut de gamme pouvaient en faire autant…

Selon un sondage Ifop/Atol de janvier 2013, 39% des consommateurs prennent souvent en compte dans leurs achats le critère made in France. Un taux bien loin des achats réellement consacrés aux fabrications locales, notamment en raison de la perte de confiance des consommateurs quant à la valeur de l’indication de fabrication française.

Afin de recréer cette confiance, les fabricants se sont regroupés pour créer le nouveau label Origine France garantie qui assure une véritable fabrication française dans sa quasi-totalité. Les fabricants et donneurs d’ordre ont montré qu’ils savent s’adapter, maintenant c’est aux consommateurs d’exprimer leur position en soutenant par leurs achats les marques qui fabriquent sur le territoire.

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